Financement des études : le mauvais exemple américain
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Avec le resserrement du crédit aux États-Unis, les familles américaines craignent de ne plus pouvoir financer les études de leurs enfants grâce aux prêts bancaires. En France, les prêts étudiants sans caution de Valérie Pécresse nous conduisent-ils sur le même chemin ?
L’inquiétude des futurs étudiants américains et de leurs parents ne cesse de croître : il est quasiment impossible pour une famille moyenne d’assurer à leurs enfants la poursuite d’études supérieures sans recourir à des prêts bancaires. Or, la crise financière actuelle a entraîné un phénomène bien connu des économistes : le resserrement du crédit (ou « credit crunch »). Les banques, (re)découvrant les vertus de la prudence, tendent à rendre l’accès au crédit plus difficile.
Parmi les victimes de ce resserrement du crédit, les familles qui doivent s’endetter pour pouvoir financer les études supérieures de leurs enfants. Avec des droits de scolarité s’élevant en moyenne à 45 000 $ (35 000 €), il est impossible pour une famille d’américains moyens de payer sans recourir à un prêt bancaire. Or, il semble de plus en plus difficile d’obtenir un prêt étudiant aux États-Unis, certaines banques ayant même cessé de les proposer !
Selon, la durée plus ou moins longue de la crise financière, certains commentateurs de la vie économique américaine évoquent une génération d’étudiants « sacrifiés » et des voix se font entendre pour réclamer un rôle plus important de l’état fédéral dans l’aide financière aux étudiants.
Les médias américains les plus conservateurs en viennent à envier notre système universitaire qui mêle formations de qualité, recherche scientifique pointue, accès au plus grand nombre et quasi-gratuité. Et, pourtant, les dernières mesures prises par le gouvernement en matière d’aide au financement des études semblent nous mener sur la même voie que les États-Unis. Un comble alors que Valérie Pécresse évoquait récemment, fort justement, la véritable « guerre de l’intelligence » qui se joue à l’échelle mondiale !
La nouvelle mesure phare du ministère consiste à proposer des prêts étudiants sans caution et garantis par l’état mais dont les réseaux bancaires sont libres d’organiser la commercialisation : les banques fixent elle-même leur taux, sont libres d’accepter ou de refuser les dossiers et décident de la durée de remboursement. Le mauvais exemple américain devrait pourtant nous amener à réfléchir sur l’évolution du système français de financement des études…
Par Agoracampus
- rubrique : Bourses
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